CRÉER MIEUX . CRÉER MOINS . CRÉER ENSEMBLE 

ou pourquoi choisir de ralentir ?

Me suis-je déjà arrêtée ?

Depuis mes 20 ans, j’avance.

Un magasin.
Un enfant.
Un deuxième magasin.
Un deuxième enfant.
Une marque italienne.
Une marque espagnole.
Un dépôt de bilan.
Une maison d’hôtes — pour payer le RSI et le découvert.
La suite.
Un troisième enfant.
Une méningo-encéphalite.
Une trahison.
Des séquelles invisibles.
Et des stocks, eux, bien visibles.
Et puis… une rencontre professionnelle magique. Celle qu’on attend toute une vie de créatrice.

Et ça s’enchaîne.

On avance.
On gère.
On dépasse.

Souvent dans l’urgence.

On avance pour tenir.
On avance pour payer la TVA.
On avance parce qu’il faut avancer.

Et sans s’en rendre compte…
on ne s’arrête jamais.

Jamais pour regarder.

Regarder ce qu’on a construit.
Regarder ce qu’on a créé.
Regarder aussi ce qu’on aurait pu faire autrement —
pas pour s’abîmer,
mais pour avancer avec plus de légèreté.

Moi, je ne l’avais jamais fait.

Alors oui, il y a toujours un moment où quelque chose te ralentit.

On croit que c’est ça, le déclencheur.
La fatigue.
La maladie.
Les événements.

Mais en réalité… non.

Ça ne crée pas la pause.
Ça la révèle.

Parce qu’au fond, elle était déjà là.
Je ne m’écoutais simplement pas.

Alors je me suis arrêtée.

Mais pas n’importe où.

Parce que s’arrêter au mauvais endroit,
c’est recommencer pareil.

Les mêmes réflexes.
Les mêmes automatismes.
Les mêmes résultats.

Si tu continues tout pareil,
il t’arrivera tout pareil.

Alors j’ai choisi.

J’ai choisi où poser cette pause.

Et je suis revenue ici.

Avec vous.
Dans ce lieu des Copines de souliers.

Parce que c’est là où je me sens le mieux.
Là où je suis la plus juste.
Là où je peux vraiment me retrouver.

Et c’est là que j’ai compris quelque chose d’essentiel.

Pendant que moi je cherchais,
vous, vous n’avez jamais douté.

Vous avez continué à croire.
À m’envoyer de la force.
De la bienveillance.
Et même de la légèreté.

Vous avez gardé cette confiance.

Et moi, je suis venue la retrouver auprès de vous.

C’est ici que j’ai pu, enfin, regarder.

Pas une suite d’urgences.
Mais une histoire.

Une épopée.

Et comprendre que ce chemin,
je peux encore en choisir la direction.

Pas pour devenir quelqu’un d’autre.

Mais pour me sentir alignée.

Alignée… à moi.

Parce que tant que tu ne ressens pas cet alignement à l’intérieur,
tu ne peux pas vraiment comprendre ce que c’est.

Et le jour où tu le touches…
il y a quelque chose de simple qui arrive.

De léger.

Comme si tout devenait enfin à sa place.

Avec toute mon affection,

Souliérement

Anne

8 réponses

  1. Tu ne peux pas savoir comme ton histoire résonne en moi….. j’en arrive au même stade après 22 ans la tête dans le guidon et la une ultime opération et « j’explose en plein vol « tout ce que je porte enfouie ressurgit et c’est dur très dur. On m’a dit ton corps te dis stop et pour la première fois j’ai compris. J’ai adoré vendre CREATIS j’en suis tombée amoureuse en particulier de mes bottes « wonder women ». Ton histoire laisse espérer qu’on peut encore avoir de belles choses mais qui ne faut plus s’oublier. Hâte de voir tes nouveautés. Amitiés a vous 2.
    Stéphanie

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